lundi 6 septembre 2021

L'ENQUÊTE INFINIE





Premières pages, extraites du chapitre 1, Sphinx Hôtel :

Le problème de ce monde, c’est qu’on y est entré comme dans une histoire qu’on a attrapée en cours de route, une histoire dont on a raté le début. Et on passe notre vie à ramer comme des dingues pour rattraper ne serait-ce que le synopsis des épisodes précédents. C’est d’autant plus compliqué que, non seulement cette histoire nous est arrivée incomplète et remplie d’incohérences, mais, régulièrement, les événements qui composent l’arc narratif principal, et dans lequel nos vies se retrouvent malgré elles impliquées, changent de sens. Quand ils ne changent pas carrément de structure, de personnages principaux, de géographie, de direction éthique ou de coloration spirituelle. On doit tout reprendre depuis le début de nombreuses fois dans notre vie. Notre vie est un roman qui change sans cesse de genre, de style, de structure, de titre. Notre vie est une enquête sur le sens de la vie.




Le problème de ce monde, c’est qu’on doit encore consolider les décors et recoudre les costumes alors même qu’on est déjà en train d’y vivre. Il ressemble à ces rêves dans lesquels nous nous retrouvons sur une scène de théâtre pour jouer un rôle dont nous n’avons jamais appris les répliques, alors que quelqu’un nous souffle des paroles incohérentes et que le public nous regarde, sidéré. Non seulement nous avons du mal à retaper notre propre histoire, non seulement la plupart des événements qui en orientent le sens glissent comme des pièces de monnaie sous les buffets et derrière les armoires ou se retranchent dans la partie la plus obscure de notre âme, mais on doit aussi composer avec les incertitudes du récit collectif ou les ambiguïtés régulièrement mises à jour de notre propre système référentiel, quand ce ne sont pas les petits secrets de notre récit familial. Et ce drame individuel et collectif se rejoue dans chaque vie, dans chaque espace, dans chaque temps, dans chaque monde. Notre vie est une pièce jouée dans un théâtre en ruines. Nos plus belles répliques sont hurlées alors que l’orage détruit les derniers éléments du décor. Le secret du personnage principal est enfin révélé alors que les derniers spectateurs sont déjà partis depuis longtemps. Les rêves que nous faisons chaque nuit sont mille et une fois plus cohérents que l’histoire collective qu’on nous demande d’accepter comme le socle sur lequel notre histoire personnelle se déroule. Ils sont mille et une fois moins étranges et moins indéchiffrables que celle-ci.




Le problème de ce monde, c’est qu’il a beau n’avoir aucune réponse à nous donner, il continue à nous demander de lui poser des questions. Il est insatiable et décevant. Il nous harcèle et se retire au moment où nous cédons à ses avances. Il nous dégoûte, puis il nous séduit, nous raconte des fadaises et nous abandonne. Il fait mine de nous instruire et nous laisse idiot. Et au centre de chacune de nos vies, au moins une fois par vie, nous nous confrontons au mystère des origines, à l’obscurité du parcours individuel de chacun, à son inscription dans le récit collectif, à notre incertitude sur les fins dernières. De grands systèmes sont construits pour servir de soutien provisoire à la violence de notre confrontation au mystère, mais ils ont la solidité d’un filet qui ne pourra contenir qu’un seul poisson. Ils sont comme un joker qui ne pourra être utilisé qu’une fois par vie. Ces grands systèmes sont religieux, philosophiques, politiques, économiques. Plus ils sont simplistes et tordus, plus ils sont partiels et contournés, et plus longtemps ils réussissent à s’imposer comme le grand récit collectif dans lequel chaque petit récit individuel peut s’inscrire. Mais aucun n’a réussi à prendre à la fois la totalité de l’espace et la totalité du temps. Ils se sont tous retrouvés limités par quelqu’un, quelque part, pour une raison quelconque. Ils n’ont jamais réussi à s’imposer à l’humanité entière. À partir du moment où la limite au système d’explication du monde nous semble plus pertinente que l’explication elle-même, on se fait enquêteur, ou exégète. Dans un monde sans énigme, il n’y aurait pas besoin d’enquête. Un monde explicable n’aurait pas besoin d’exégèse. Malheureusement ou heureusement, ce monde n’existe pas. Heureusement ou malheureusement, ce monde nous semble malgré tout possible alors même que nous savons qu’il n’existera jamais.



Le problème de ce monde, c’est que sa signification est toujours, peu ou prou, de l’ordre du fantasme ou de l’hallucination. Dans un monde dont le sens serait clair et sans ambiguïté, il n’y aurait pas besoin d’enquêter sur quoi que ce soit. Il n’y aurait peut-être même pas besoin de parler. Mais il y a toujours une faille dans la structure du cosmos, une contradiction dans la vision du monde, une erreur dans le système de la machine. Et il y a toujours matière à enquête ou à exégèse, et toujours des hommes pour se sentir temporairement investis de la tâche impossible de mener celle-ci ou celle-là. Lorsqu’on se prête au jeu de l’exégèse, et qu’on ne se considère pas suffisamment satisfait de la conception du monde que l’on a peu ou prou adoptée et qui s’est progressivement transformée en ornières pour ne pas avoir à prendre en compte tout ce qui la met en péril, on se retrouve à nouveau à errer, comme le Mat du tarot. Le problème de ce monde, c’est qu’on y passe par toutes les cartes de tarot, encore et encore, sans jamais que le jeu ne s’arrête. Le problème de ce monde, c’est qu’il ne s’arrête jamais. Il ne s’arrête jamais de tourner.



Du Mat au Bateleur, on finit par se transformer en enquêteur de notre propre enquête, en exégète de l’exégèse. Non seulement on a construit un instrument qui réponde à la musique énigmatique du monde dans lequel on évolue, mais on doit désormais construire un instrument qui réponde à cet instrument. Et à l’instant où on commence à construire ce dernier apparaît la divinité que sa musique convoque. C’est la plus énigmatique de toutes les divinités. C’est le Sphinx. On ne sait toujours pas ce que c’est que le Sphinx.




Se dressant devant les pyramides de Gizeh en Basse-Égypte, la statue la plus grande du monde (73,5 mètres de longueur pour 14 de largeur et 20 de hauteur) pèse environ 20 000 tonnes. Taillée dans un promontoire naturel de 40 mètres de hauteur de roche calcaire, sa tête extraite d’un piton de calcaire dur et gris, le corps creusé dans la couche sous-jacente d’un calcaire plus tendre, elle se tient ostensiblement en direction du Levant. Les archéologues évaluent à un million d’heures le temps nécessaire pour la sculpter à l’aide de burins, de ciseaux en cuivre ou de maillets en bois.




On ne sait pas ce que c’est. Son corps pourrait être celui d’un lion couché, à moins que ses flancs ne soient ceux d’un bœuf ou d’un taureau. Certains commentateurs disent qu’il s’agit initialement d’un chien taillé dans la roche pendant l’Ancien Empire et dont le visage a été retaillé au Moyen Empire sous les traits du pharaon Amenemhat II. Le problème de cette hypothèse, c’est qu’il ne ressemble pas tellement à Amenemhat II, et pas du tout à un chien. Cette fameuse tête a été également identifiée comme celle du pharaon Khéphren, dont le règne correspond à la période pendant laquelle on a longtemps estimé qu’il aurait été sculpté : – 2500. Certes, il lui ressemble un peu plus, mais pas tant que ça. D’autres estiment que son visage n’est en rien celui d’un Égyptien, mais peut-être celui d’un Nubien, d’un Soudanais, d’un Éthiopien.




On ne sait même pas son nom. Les Arabes ne l’appellent pas le Sphinx, mais Abou al-Hôl : le Père la Terreur. Sphinx est le nom grec donné à la statue. On ignore si ce nom vient du mot grec signifiant « étrangleur », s’il s’agit d’un emprunt au sanskrit Sthag signifiant « dissimulé » ou à l’égyptien ancien Shespânkh signifiant « statue vivante » ou « image vivante ». Reste que, mis à part la stèle qui raconte le songe de Thoutmôsis IV qui le fit désensabler (dans ce songe, le Sphinx se fait appeler Horakhéty-Khépri-Râ-Atoum et donne du « mon fils » au jeune Thoutmôsis) et qui fut probablement ajoutée en 1400 av. J.-C., nous ne possédons aucun document qui puisse éclaircir le sens de cette statue. Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, il n’existe aucun texte de l’Ancienne Égypte où le Sphinx soit mis en scène. Aucun conte qui le décrive. Aucun papyrus qui le mentionne. C’est comme si les Égyptiens eux-mêmes ne savaient pas ou ne voulaient pas qu’on sache ce que c’était que le Sphinx.




Ce qu’on sait en revanche, c’est que le Sphinx ne reste jamais très longtemps sans que le désert l’engloutisse à nouveau. Il redisparaît peu de temps après Thoutmôsis et doit être désensablé sous les règnes de Tibère, de Néron, de Marc-Aurèle. Auguste Mariette entreprend de le dégager en 1853, mais il ne parvient à mettre à jour que les pattes et la stèle. Entre 1925 et 1936, Émile Baraize doit réaliser un nouveau désensablement. La légende veut que son nez ait été détruit par un boulet de canon tiré par inadvertance par les soldats de Bonaparte, mais, même à ce sujet, nous ne savons quasiment rien. Comme un autre nez fameux supposément trop long ou trop court, celui du Sphinx eût été moins cassé, la face du monde en aurait-elle été changée ?




Comme toutes les choses les plus précieuses sur cette Terre, le Sphinx exige de nous un soin constant. Le Sphinx n’est jamais acquis. Il n’est jamais dû. Et il n’est jamais nôtre pour longtemps. Le Sphinx incarne l’inconnu qui scintille comme une étoile dans la nuit de nos existences. Et, dans nos vies de tous les jours, toutes les rencontres insolites, tous les rapprochements inattendus, toutes les choses qui nous échappent mais qui pourtant orientent nos vies, peuvent être considérés comme des désensablements du Sphinx.





Mais on peut sans cesse perdre le Sphinx. Et, à chaque retour à la case départ de notre labyrinthe, on le perd à nouveau. Peut-être parce que, même devenu nôtre, il ne nous appartient jamais. Peut-être parce qu’il symbolise à la fois la force du destin (le Sphinx a résisté et résistera à tant de choses) et la fragilité de notre volonté (le désert est toujours en train de le recouvrir).




Le Sphinx n’appartient à personne mais tout lui revient. À partir du Nouvel Empire, le Père la Terreur est reproduit à l’entrée des temples sous la forme de longs alignements de bêtes couchantes, parfois munies d’ailes, parfois tenant un vase entre leurs mains, parfois assises et les pattes de devant relevées, parfois marchant. Sa place devient alors prédominante dans la décoration des lieux de culte, tandis que son sens reste toujours aussi mystérieux. Il y a cette incroyable allée qui va de Louxor à Karnak avec des sphinx à têtes d’homme et des sphinx à têtes de bélier. Il y a les sphinx qui gardent le temple de l’allée des Lions en Basse Nubie. Les Étrusques ont également dépeint beaucoup de sphinges, notamment la sphinge de Chiusi. Il y a des sphinx en Asie Mineure, en Sicile, en Italie, en Gaule. On a retrouvé des images de sphinx et de sphinges sur les monnaies gauloises, et même une statuette gallo-romaine dans la région de Nantes. On rapporte que, au début du XXe siècle et en accord avec un vieil usage multimillénaire, des femmes stériles allaient se reposer à l’ombre des sphinx du dromos de Sérapéum à Saqqarah dans l’objectif de devenir fécondes.



Par recoupement avec une énigme qui traversera l’angéologie juive comme l’apocalyptique chrétienne, on assimilera les composés visibles du Sphinx (homme, lion, taureau) au Tétramorphe dont il ne manquerait que les ailes de l’aigle, celles-ci se retrouvant dans des représentations plus tardives. Le Tétramorphe apparaît pour la première fois dans la vision du char du prophète Ézéchiel qui décrit quatre êtres vivants ayant chacun quatre ailes et quatre faces : une face d’homme, une face de lion, une face de taureau et une face d’aigle. Le Tétramorphe revient dans le Zohar où Rabbi Siméon Bar Yochaï l’associe aux quatre lettres du Nom de Dieu et Jean de Patmos revoit les quatre bêtes dans un chapitre de l’Apocalypse, même s’il décrit des êtres beaucoup moins hybrides : un homme, un taureau, un lion et un aigle, qu’on associera ensuite aux évangélistes. Presque tous les occultistes affirmeront que le Sphinx de Gizeh était initialement l’expression du même symbole que les Quatre Vivants. Ce qui est plus mystérieux, c’est qu’on a trouvé une autre source égyptienne au Tétramorphe : les quatre gardiens de Râ qui protègent la ville d’Edfou. Le premier, installé au sud, est un aigle. Le deuxième, installé au nord, est un lion. Le troisième, installé à l’ouest, est un taureau. Mais le quatrième, installé à l’est n’est pas un homme, c’est un (...)





... La suite dans L'Enquête infinie !


Dans toutes les bonnes librairies à partir du 15 septembre !


Lancement au Monte-en-l'air, 2 rue de la Mare 75020 Paris, le 14 Septembre à 19h, en présence de l'auteur (encore heureux) et de son ami et néanmoins directeur de collection, Laurent de Sutter.




Mais aussi :

Le 16 Septembre à 20h à Mulhouse : Librairie 47 degrés nord, 8 bis rue du Moulin


Le 28 Septembre à 19h à Lyon : Librairie Le Bal des Ardents, 17 rue Neuve


Le 4 Octobre à 19h à Nîmes : discussion sur L'Enquête Infinie suivie d'une projection de Satyricon de Fellini au cinéma Le Sémaphore, 25 rue Porte de France


Le 15 Octobre à 17h à Clermont-Ferrand : Librairie Les Volcans, 80 boulevard François Mitterrand


Le 5 Novembre à 19h à Toulouse : Librairie Floury Frères, 36 rue de la Colombette


D'autres dates à venir... La page sera mise à jour régulièrement.






Présentation de l'éditeur : 


Le petit Grégory, Alfred Jarry, Jack L'Eventreur, Ronald Reagan, David Bowie, Saddam Hussein, Edgar Allan Poe, Crhstine Chubbuck, Nicolas Sarkozy, Vincent Van Gogh, Mouammar Kadhafi, Martin Shkreli, Philip K. Dick, Nelson Mandela, Léona Delcourt, Otis Redding, ou André Breton, qu'ont-ils en commun, ces individus hantant le XXe siècle comme s'il était un théâtre grinçant ? La réponse est peut-être que, sans eux, l'histoire de ce siècle – notre histoire – serait incompréhensible. Car il y a les récits de manuels, avec ses grands hommes et ses grands événements. Et puis il y a le reste – les légendes dont est tissée la réalité, et qu'on ne peut raconter qu'au coin du feu ou dans l'ombre d'une porte, de peur de passer pour fou. Pacôme Thiellement n'a pas peur de la folie. Et lorsqu'il choisit de raconter "son" vingtième siècle, c'est à travers le plus étonnant des réseaux de correspondance, où la poésie fait écho au fait divers, les stars médiatiques à d'obscures préoccupations mystiques, et les nobles déclarations politiques aux tentatives incessantes de rendre la vie des humains impossible. Qu'y a-t-il donc de commun entre toutes ces figures ? Elles cherchèrent toutes à faire de la question "Qu'est-ce que vivre ?" celle du siècle dernier.




Entretien Pacôme Thiellement / Pascal Claude sur L'Enquête infinie dans l'émission "Et Dieu dans tout ça ?" sur la RTBF-1 :


http://rtbf-pod.fl.freecaster.net/pod/rtbf/geo/open/9/9i9xSDqGzu.mp3





Les "bonnes pages" du chapitre consacré à Otis Redding et à la vulnérabilité masculine publiées en avant-première chez les amis de Les Mots sont importants (Pierre Tevanian / Sylvie Tissot) :


https://lmsi.net/Rencontre-avec-un-homme-vulnerable






16 commentaires:

  1. "Mais on peut sans cesse perdre le Sphinx. Et, à chaque retour à la case départ de notre labyrinthe, on le perd à nouveau. Peut-être parce que, même devenu nôtre, il ne nous appartient jamais. Peut-être parce qu’il symbolise à la fois la force du destin (le Sphinx a résisté et résistera à tant de choses) et la fragilité de notre volonté (le désert est toujours en train de le recouvrir)" Si juste. Magnifique texte qui donne une furieuse envie de lire la suite...!

    RépondreSupprimer
  2. "Updatée" plutôt que "uploadée", si je puis me permettre ;) (voire "mise à jour", pourquoi pas !) Hâte de lire ça, cher Pacôme !

    RépondreSupprimer
  3. Formidable et très appétissant! Très impatient de méditer à l'ombre du Sphinx en découvrant les fruits de votre enquête infinie: l'événement de ma rentrée littéraire. Bravo pour cet énorme travail et merci de nous le faire partager.

    RépondreSupprimer
  4. Après le cinéma Hermetica, l'hôtel Sphinx ... Tu crée de nouveaux lieux pour notre imaginaire ?

    RépondreSupprimer
  5. Ce qui a donné lieu à une excellente émission sur rtbf La Première "Et dieu dans tout ça ?"
    Enquête infinie sur le sens de la vie avec Pacôme Thiellement :

    http://rtbf-pod.fl.freecaster.net/pod/rtbf/geo/open/9/9i9xSDqGzu.mp3

    RépondreSupprimer
  6. Merci Pacôme ! La lecture de cet extrait de votre Enquête et l’écoute du podcast de l’émission radiophonique belge m’ont donné l’eau à la bouche...(soupir)...je ne pourrai pas venir au Monte en l’Air mardi soir prochain (d’autres dates à Paris ?) mais j’ai commandé votre ouvrage ; et j’ai hâte de le lire !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je comprends Julia ! Merci pour ce message ! N'hésite pas à m'écrire pour me dire ce que tu auras pensé pendant cette lecture.

      Supprimer
  7. Merci Pacôme pour ce teaser protéiforme !
    Hâte de lire cette enquête et de suivre le sphinx :)

    RépondreSupprimer
  8. Salut Pacôme.
    Je vois que ta participation au Fifigrot est reportée...

    Tant pis, j'essaierai de venir à Nîmes !

    Antonio

    RépondreSupprimer
  9. Un livre qui donne envie d'ouvrir des portes que notre monde sclérosé tente de sceller à jamais. En ce siècle naissant et déjà putride, j'ai hâte de te lire de nouveau ! Henry Mille.

    RépondreSupprimer
  10. PS: j'ai écrit ici il y a quelques jours que j'attendais ce livre avec impatience. Je le deguste entre moult obligations domestiques et matérielles. Encore quelques centaines de pages mais là j'acheve le chapitre sur le martyre de ce pauvre Grégory Vuillemin...J'étais déjà conquis par les dizaines d'intuitions fondamentales dont ce livre est rempli mais là je boue: je trouve que votre lecture de ce fait divers fondateur est absolument juste. Tous les enfants de 1984 devraient lire au moins ces quelques pages: elles disent tout de ce deuil étrange qui ne nous quittera pas. Bravo bravo, quelle fécondité, quelle justesse et merci. Vous avez la formule et le lieu: puissiez vous longtemps nous décrire ce que vous y voyez.

    RépondreSupprimer

UN TRAMWAY NOMMÉ ZEMMOUR

C’est comme un rêve à l’intérieur d’un rêve, un cauchemar dont on ne réveille que pour se rendre compte qu’on rêve toujours et qu’on vient d...