jeudi 24 février 2022

DERNIÈRES NOUVELLES DE L'AUTRE CÔTÉ




Depuis le début de cette année, travaillant jour et nuit sur un livre dont je vous reparlerai bientôt, je n’ai pas du tout eu le temps d’écrire dans le blog. 

M’occupant également d’une chronique mensuelle sur Blast, je n'en ai pas éprouvé le besoin non plus. Ce n'est pas surprenant. Ce qui était initialement le sujet de la plupart des posts du Livre sans visage - les réseaux sociaux - se retrouve désormais transmuté dans le thème des épisodes de celle-ci : Infernet. 

Mais, comme vous seriez peut-être malgré tout intéressés par quelques interventions récentes ou à venir, ceci est un prototype de newsletter, Dernières nouvelles de l’autre côté, que vous recevrez si vous le désirez. 

Si vous voulez la recevoir, envoyez-moi un mail à :



En ce moment en ligne :

Infernet 
Episode 3 - Manti Te’o, le footballeur et la chimère




La vidéo ici :




Mauvais Genres
En chair et en fer : rencontre avec Killoffer
Avec François Angelier, Antoine Guillot… 




L'émission ici :



L’enquête infinie (pas finie)
Interview pour la chaîne de la librairie Mollat





Interventions publiques à venir :

Les Dimanches de Charm el-Cheikk
Dimanche 27 Février à 17h : Charliekaufmania




Au cinéma L’Archipel, 17 boulevard de Strasbourg, 75010 Paris

Projection de Synecdoque, New York de Charlie Kaufman suivie d’une conversation avec Bertrand Mandico 


Réserver ici :


Samedi 12 Mars 
Conférence-concert avec Olivier Mellano
Auditorium de Viroflay  74 avenue du Général Leclerc 78220 Viroflay
20h30




Entrée libre. Réservations au 01 39 24 34 40

Plus d’informations ici :


Et puis :

Et puis allez voir After Blue (Paradis sale) de Bertrand Mandico. Encore plus beau et fou que Les Garçons sauvages. Si dense que vous aurez besoin de le revoir trois ou quatre fois simplement pour commencer à en percevoir toutes les richesses. 





La bande-annonce :


Cinémas et séances ici :



Et puis on ne saurait trop vous recommander :

Paris nous appartient de Jacques Rivette en DVD et Blue-Ray chez Potemkine :




Le deuxième tome de l’Intégrale du Génie des Alpages de F’Murrr chez Dargaud :




La pièce Meeting Point (Heim) de Dorothée Zumstein chez Quartett :




Killoffer en chair et en fer chez Casterman :



Post-scriptum :
La semaine prochaine, si jamais vous êtes chez vous mercredi 2 mars, regardez La grande librairie… Je dis ça je dis rien. 

lundi 14 février 2022

DIMANCHE 27 FÉVRIER À L'ARCHIPEL

CHARLIEKAUFMANIA À CHARM EL-CHEIKH 




Un ciné-club animé par Pacôme Thiellement  


Pour voir et célébrer l’un des films les plus beaux et bouleversants du XXIe siècle : 

Synecdoche, New York de Charlie Kaufman (2008)

Avec Philip Seymour Hoffman dans l’un de ses plus beaux rôles

Et : Samantha Morton, Michelle Williams, Catherine Keener, Emily Watson, Diane Wiest, Jennifer Jason Leigh, Hope Davis et Tom Noonan

Cette projection sera suivie d’une discussion à bâtons rompus sur le film entre Bertrand Mandico (qui vient lui aussi de réaliser un des films les plus beaux et bouleversants du XXIe siècle !) et Pacôme Thiellement



Dans le dernier cinéma jusqu’à la fin des temps

17 boulevard de Strasbourg 75010 Paris

Réservez ici comme des grands :


Billetterie : 8 € / Plein : 6,5 € / Réduit (étudiants, demandeurs d’emplois, plus de 60 ans sur justificatif) : 5 € pour les - de 15 ans, Cartes CIP et UGC illimité acceptées 

vendredi 7 janvier 2022

DIMANCHE 9 JANVIER 2021 À L'ARCHIPEL

 CHARM EL-CHEIKH À FOND DANS TOPOR



Un ciné-club animé par Pacôme Thiellement  

Avec le documentaire idéal pour un début d'année pas complètement raté :

Roland Topor : Songes, mensonges, panique et déconnade 

de Serge Sarfati, co-écrit avec Alexandre Devaux et Nicolas Topor

précédé du court-métrage que, si ça se trouve, vous navez pas encore vu :

Mandico et le TOpsychoPOR 

d'Antonin Peretjatko, avec Bertrand Mandico

En compagnie de nos invités : 

Alexandre Devaux, Bertrand Mandico, Antonin Peretjatko et Nicolas Topor 


Dans le dernier cinéma jusqu’à la fin des temps

17 boulevard de Strasbourg 75010 Paris




Billetterie : 8 € / Plein : 6,5 € / Réduit (étudiants, demandeurs d’emplois, plus de 60 ans sur justificatif) : 5 € pour les - de 15 ans, Cartes CIP et UGC illimité acceptées 

vendredi 24 décembre 2021

ANTICHRISTMAS

Un Père Noël jamais n'abolira le hasard



 


Sempiternel Noël, impitoyable et stratifié. Atterrant Noël, éternel et putréfié. Amer Noël, hystérique et endeuillé. Une fête annuelle qui semble à la fois toujours morte et toujours vivante, avec sa bouffe dégueulasse qui s’exhibe dans les rayons des magasins, ses cadeaux chers et moches qui n’attendent que la poubelle dans laquelle ils achèveront leur voyage et accompliront leur destinée, ses éternels films pourris du Splendid à la télévision et ses nouveaux variants en guise de cadeaux-surprises : « The Covid Variations ». Un, deux, trois : Omacron et Omicron sont dans un bateau. Omacron tombe à l’eau. Qu’est-ce qui reste ? J’ai compté sur tous mes doigts. Antichristmas, tu perds ton sang-froid. 





Bonjour et bienvenue sur le post de Noël du Livre sans Visage. 2021 s’achève et, ça va sembler bizarre, mais je la regrette déjà, cette étrange année. J’avais terminé l’année 2020 dans les splendeurs de Colette Thomas, grâce à Prairial qui rééditait Le testament de la fille morte et m’avait demandé une postface. Non seulement je lisais et relisais son poème prophétique, mais je commençais une sorte d’enquête sur sa vie et Virginie di Ricci m’avait apporté son aide inestimable. Et cette année s’est terminée, avec Colette et Artaud, dans Le débat du cœur, ce dialogue tissé par Virginie à partir de leur correspondance, et auquel je participais par une conférence introductive, le long de huit séances, entre le mercredi 15 et le jeudi 23 décembre (relâche le mardi), au Théâtre de l’Atalante, ce magnifique petit théâtre situé sur la place Charles Dullin, à l’écart de l’Atelier, et nommé ainsi en hommage à Jean Dasté. C’était bouleversant, forcément, de vivre ça avec Virginie di Ricci, et Jean-Marc Musial à la mise en scène, et Stéphane Deschamps aux lumières – et Antonin Artaud et Colette Thomas toujours vivants. Et c’était merveilleux de vous y voir, les amis, et de passer ce moment avec vous. Ceux qui sont venus nous voir, merci. Pour les autres, si vous n’en avez rien eu à secouer, tant pis pour vos gueules, et si vous n’avez pas pu, parce qu’il y avait les fêtes ou le covid, ou le pass, ou la vie, cette chose qui vous arrive quand vous êtes occupé à faire autre chose, ou encore parce que vous étiez loin de Paris, je suis bien désolé. S’il vous plaît ne nous demandez pas si nous allons poster une vidéo du Débat du cœur sur Internet. Ce travail n’est pas fait pour se terminer en vidéo sur Internet. Mais nous essayerons de reprendre Le débat du cœur, plus tard, en 2022. On ne va pas lâcher Colette Thomas. On commence déjà seulement à la lire. Depuis que Le testament de la fille morte est reparu, quelque chose a changé. Ses lecteurs doivent le savoir, puisque le livre est déjà en rupture de stock chez Prairial. Rassurez-vous, il sera réimprimé. Colette est venue pour ne pas repartir. Elle est revenue pour rester. Et depuis qu'on a commencé à la lire, et que Virginie di Ricci a commencé à la jouer, quelque chose a changé. 



Photographie de Stéphane du Mesnildot



Une chose qui n’a pas changé, par contre, depuis vingt-quatre ans maintenant, c’est que, lorsque Noël approche, je me remets à voir des épisodes de South Park, anciens ou récents. J’en regarde rarement pendant le reste de l’année. Mais en décembre, oui, j’en ressens la nécessité. De vieux épisodes adorés, des extraits sur YouTube, ou les derniers arrivés. C’est sans doute mon enfance qui me dicte ça. South Park a tenu haut l’esprit d’enfance pendant ces vingt-quatre dernières années, sans jamais diminuer en virulence et en exigence. A sa manière, South Park est un petit théâtre de la cruauté, toujours ouvert, toujours changeant. Qui peut en dire autant ?

 


Les derniers chefs-d’œuvre de Trey Parker et Matt Stone, c’est « Post Covid » suivi de « Post Covid 2 : The Return of Covid », qui viennent de sortir. Ils se situent dans « le futur », avec les personnages, Stan, Kyle, Cartman, Token, Wendy… mais adultes – lors de la fin de la séquence « covid », et, bien évidemment, son recommencement. Kenny vient de mourir… du covid ! Ses anciens amis se retrouvent pour ses funérailles et, suite à la détection d’un individu non-vacciné dans la ville, South Park est mise en quarantaine pour les trente ans à venir. C’est une sorte de variation sur Ça, avec de vieux amis désormais éloignés qui se retrouvent. Et puis ça bascule dans plein d’autres choses, et c’est une merveille. De drôlerie bien sûr, et de poésie violente, comme toujours. Si vous aimez South Park et que vous n’avez pas encore vu « Post Covid » et « Post Covid  2 : The Return of Covid », jetez-vous dessus. Ils ont encore réussi l’exploit de se réinventer tout en restant strictement attaché au même univers. Une gageure. Un modèle. Parker et Stone sont les seuls « humoristes » vivants qui me font rire depuis vingt-quatre ans, les seuls que j’aime autant que Hara-Kiri et Andy Kaufman. Il y en a sans doute que je ne connais pas, et que vous connaissez, et qui m’ont échappé. Que ceux qui les connaissent m’écrivent : ils ont gagné. 

 



L’enquête infinie, suite et fin. Enfin « suite et fin » en quelque sorte, parce que je n’ai même pas pu achever la tournée de L’enquête infinie. Je suis tombé malade avant. Ça me pendait au nez, pas vrai ? Je suis bien allé à Mulhouse, grande fête, et la rencontre a été filmée, mais j’ai dû arrêter avant la dernière date, à Toulouse, grande tristesse. A ce moment-là, je suis passé de l’enquête aux examens… Dans mon troisième post concernant L’enquête infinie (celui dans lequel je disais que je ferai un quatrième et dernier post à ce sujet après la promotion du livre, et puis finalement… j’ai attendu, et d’autres choses sont arrivées), je disais que, une fois un livre achevé et publié, je ressentais physiquement la certitude de me rapprocher de l’instant de ma mort. Eh bien, une fois de plus, j’aurais mieux fait de me taire parce que mon corps m’a joué des tours. D’abord j’ai attrapé froid (ce n’était pas encore la nouvelle vague covid, c’était le train, les courants d’air, les hôtels, le manque de sommeil). Et puis ça a été les dents, les yeux, le ventre : vieille histoire, vieux démons, éternel retour à la case départ. Au même moment, je luttais contre une succession de fuites d’eau, soit venant du voisin du dessus et tombant massivement chez moi, soit venant de chez moi et coulant massivement chez le voisin du dessous. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et ce qui est à l’intérieur est également à l’extérieur. Tout était devenu fuite d’eau, comme il y a neuf mois tout avait été lutte contre les cafards. Les cafards, du reste, j’en avais encore, mais moins. Comme j’ai encore des petits internautes hostiles qui m’envoient des mots désagréables depuis que j’ai quitté les réseaux sociaux, mais j’en ai moins.

 


Alors que dire encore de L’enquête infinie ? La période de promotion est finie, elle. Alléluia. Et pour conclure la revue de presse du livre, le plus bel article est sorti en novembre, et c’est le cher François Angelier qui l’a écrit pour Le Monde des livres : « Lueurs dans le ciel opaque ». Comme Le Monde est réservé aux abonnés, je vous le retranscris en post-scriptum de ce post. Mais avant ça, j’ai encore deux mots à vous dire. Et à dire à 2022. 2022, prends garde à toi. 


 

2022 arrive, avec ses trompettes nasillardes. Les élections, ses candidats, ses débats, ses conneries… Et puis l’omniprésence de l’Empereur Bolloré, qui rachète tout et répand les ténèbres sur tout ce qu’il touche. Ainsi que son sinistre petit pion Zemmour, qui, à force de mensonges et de manipulations, a réussi à détourner la campagne des questions sociales et de la révolte des Gilets Jaunes pour en faire un festival du racisme décomplexé. « Mais pourquoi parles-tu de Zemmour ? » m’a-t-on demandé suite à des posts énervés sur ce blog. Eh bien : parce que !



Je ne peux pas m’en empêcher, c’est vrai. Cette situation me rend tout simplement malade. Comme me rend malade la façon dont certains de ses « opposants » se sont résignés à participer à cette sinistre mascarade qui consiste à aller débattre avec lui chez Hanouna. Alors, c’est sinistre, mais en un sens, c’est intéressant. En un sens, cette situation est éclairante. Parce que qu’est-ce que c’est, cette connerie d’Hanouna ? C’est le plateau de télévision transformé une émission de téléréalité racontant l’histoire d’une secte, avec son gourou, ses lieutenants, ses convertis… C’est une sorte de récit pervers, avec des envoûtés qui se disputent ses faveurs, un véritable culte consacré à l’ego tout-puissant des uns et des autres, et un rituel de sacrifice où ceux-ci vont s’humilier en espérant cicatriser leurs blessures d’amour-propre. La télévision n’est pas une coterie, c’est une secte. Tout le monde peut y entrer, il suffit de se soumettre à ses lois délétères.  




Donc, comme cela avait été annoncé, les élections de 2022 se joueront chez Hanouna. Son antiracisme apparent le dédouane un peu vite de son rôle dans le climat détestable de l’époque : au fond, entre CNews et C8, c’est un peu comme entre mauvais flic et bon flic. D’un côté, Praud tabasse l’islamogauchiste ou le wokiste, et de l’autre Hanouna l’appelle « mon petit chéri » mais tous deux sont fondamentalement complices pour transformer ce pays en prison de fer noire. Et tous les candidats de cette nouvelle émission de téléréalité qu’est la présidentielle 2022 vont venir la bouche en cœur jouer sur la table truquée du seigneur du chaos Krishnanouna Kali Baba, avatar de la main gauche de Bolloré, tandis que, dans sa main droite, on continuera à prêcher l’ordre avec l’archevêque Monseigneur Praud et ses petits apôtres. Sortirons-nous un jour de cette Apocalypse permanente ? Oui, si nous ne soumettons pas à son emprise, si nous inventons autre chose, et si nous faisons de l’histoire, de l’économie, de la science, du journalisme : tout ce qu’ils ne font pas. Et de l’art, bien sûr. Nous avons besoin de beaucoup, beaucoup d’art. L’art est capable d’éloigner les puissances ténébreuses qui sont plus que jamais actives sur cette terre. 



En 2022, si les cinémas ne ferment pas, After Blue de Bertrand Mandico sortira et c’est son plus beau film à ce jour. Aussi beau qu’Ultra Pulpe mais en long-métrage, et aussi différent des Garçons Sauvages que possible. Tant qu’il ne sera pas en salles, tant que vous ne l’aurez pas vu, je ne vous en parlerai pas. Je veux vous laisser la surprise. Mais après, on en parlera tant que vous voudrez. Comme j’ai pu, un peu, parler de ce livre de Stéphane du Mesnildot que j’ai beaucoup aimé, Cérémonies dans l’émission de Noël de Mauvais Genres. Elle sera diffusée le 25 décembre, et vous pourrez l’écouter ici. 

 

https://www.franceculture.fr/emissions/mauvais-genres/mauvais-genres-emission-de-noel-chroniques-de-chez-denis-grrr


 

Et si les cinémas ne ferment pas, et que vous êtes parisiens, vous pourrez continuer à venir nous voir à l’Archipel, 17 boulevard de Strasbourg, une fois par mois, pour notre ciné-club, avec Emmanuelle Lacalm et Margot Merzouk : Les dimanches de Charm el-Cheikh. La prochaine séance aura lieu le Dimanche 9 janvier à 17h, avec un double-programme : Mandico et le TOpsychoPOR de Antonin Peretjatko avec Bertrand Mandico et Roland Topor : Songes, mensonges, panique et déconnade de Serge Sarfati, coécrit avec Alexandre Devaux et Nicolas Topor. En présence de tous ! 


https://www.larchipelcinema.com/evenement/1965848-dimanche-9-janvier-2022-les-dimanches-de-charm-el-cheikh-5-roland-topor


Vous pouvez lire Cérémonies de Stéphane du Mesnildot en attendant After Blue de Bertrand Mandico et le prochain Dimanche à Charm el-Cheikh. Ça vous changera des élections, qui nous prennent déjà beaucoup trop de temps et d’énergie. Ou vous pouvez lire et regarder les vidéos de Blast


https://www.blast-info.fr

 


 

Vais-je commenter les élections sur ce blog ? Non. Vais-je les commenter sur Blast ? Non plus. Dans Blast, je vais faire autre chose. Parce que je rejoins l’équipe de Blast, le média lancé par le cher Denis Robert. D’ailleurs, si vous n’avez pas encore lu, jetez-vous sur Travailleur médiatique, son dernier livre publié chez Florent Massot, je vous le recommande. 




Je rejoins Blast mais je vais y tenir une chronique mensuelle d’actualité « froide », glaciale même, à laquelle je pense depuis… le premier confinement, où mes journées se terminaient en écoutant des podcasts et en regardant des vidéos YouTube sur les faits divers de l’ère numérique. Ce sera une façon plus juste, je pense, de continuer à explorer, comme je l’avais fait ici l’année dernière dans des posts très théoriques, la question des réseaux sociaux et des modifications de la psyché collective, mais cette fois-ci à partir d’exemples, de faits divers, de légendes urbaines, de phénomènes viraux. 




La chronique s’appelle Infernet. Elle sera à la fois publiée en texte sur le site de Blast et sous la forme d’une vidéo réalisée par Mathias Enthoven et montée par Lucille Hemmen et Camille Chastrusse sur la chaîne YouTube de Blast


https://www.youtube.com/channel/UC__xRB5L4toU9yYawt_lIKg




https://www.youtube.com/watch?v=dKXOaDTlRoU


Le premier épisode est déjà en ligne : « Marina Joyce, la kidnapée du spectacle ». Chaque épisode se basera sur une figure ou un fait divers précis, mais qui servira de point de départ pour une réflexion sur ce que le monde numérique est en train de faire de nous. Et cette chronique peut aussi éventuellement servir de réponse aux gens qui continuent à me demander : « Quand reviens-tu sur Facebook ? »


https://www.blast-info.fr/articles/2021/marina-joyce-la-kidnappee-du-spectacle-kby1-cXgTM2lr6ONdbGduw

 

Je ne reviendrai pas sur Facebook, mais je vous aime quand même. Je vous aime tellement. Alors oui, je vous aime tellement, les gars. 

 


 

 

Post-scriptum qui n’a pas rien à voir : 




« Lueurs dans le ciel opaque », par François Angelier (Le Monde des livres, 19 novembre 2021)

 

« Le monde moderne est un crime dont on cherche toujours le coupable. » Ainsi parle Pacôme Thiellement, essayiste poète, en ouverture de son Enquête infinie. Il s’agira là, en effet, d’un archicrime, fondateur et initial, d’un crime métaphysique dont la victime est l’essence même du réel, la tremblante chair du monde ; d’un attentat ontologique dont la puissance dévastatrice a laissé l’homme hagard : « Notre vie, écrit-il, est une pièce jouée dans un théâtre en ruines. Nos plus belles répliques sont hurlées alors que l’orage détruit les derniers éléments du décor. » Avec Sisyphe, l’homme roulait son roc, avec Thiellement, il palpe, paniqué, les parois du labyrinthe qui l’incarcère, tentant, mais en vain, de désensabler le sphinx muet de sa détresse. Le délit est à ce point considérable que seul un dieu peut en être l’auteur, un Démiurge noir, héritier de celui des gnostiques, qui, depuis l’ombre où il se terre, scrute ricanant le désarroi de créatures empoissées d’angoisse, et jouit de leur détresse.

 

Une conception agonistique de l’histoire où s’affrontent l’abîme et la lumière, mise en place, dès 2017, avec ce manifeste qu’est La Victoire des sans roi. Révolution gnostique (PUF). A délit inouï, riposte unique et enquêteurs hors norme. On sait que, depuis vingt ans qu’il publie ses méditations, Pacôme Thiellement quête des signes salvateurs, pointe des lueurs initiatiques, les repérant non dans les sciences, humaines ou non, mais au cœur de la création artistique populaire et de la voie mystique, la première étant, en ce monde plombé et déchu, l’asile de nuit de la seconde. Pour lui, « la sous-culture est le lieu de la vérité », que ce soit dans le monde des séries télévisées (Les Mêmes Yeux que Lost, Léo Scheer, 2011 ; Trois essais sur Twin Peaks, PUF, 2018…), parmi les mystiques soufis, les poètes voyants (Shakespeare, Nerval, Artaud, Daumal…), les musiciens chamans comme Frank Zappa (Economie Eskimo, MF, 2005), les plasticiens visionnaires (Mandico, Amandine Urruty) ou les grands intempestifs (Jarry, Choron).

 

L’escouade de profileurs ontologiques qu’il a recrutée au fil des vingt et un essais qui forment cette Enquête infinie témoigne à nouveau de cette vision selon laquelle seul l’artiste est porteur de clés, le mythe ferment de vérité. Aux énigmes posées par Jack l’éventreur, Christine Chubbuck, autrice du premier suicide en direct de l’histoire de la télévision, ou la mort du petit Grégory, répondent des décryptages de figures politiques (Sarkozy) ou des exercices d’admiration consacrant Otis Redding, David Bowie ou Philip K. Dick. Chacune de ces figures, dont l’ensemble est porteur d’une cohérence cachée, est vue comme détentrice d’une part du secret, signes salvateurs, d’un paragraphe du Grand Code, d’un cap possible pour sortir du tunnel.

 

Ce que nous propose Pacôme Thiellement avec les éléments de cette enquête n’a rien d’un musée imaginaire ou d’un credo esthétique. A la suite des surréalistes exégètes de Fantômas, il amorce plutôt une cryptologie générale du monde contemporain où, en dehors de toute hiérarchie des genres et de légitimité des discours, s’affirme une conception ésotérique du monde comme ciel opaque et tragique, constellé de signes salvateurs. 

 

Et qu’on ne prenne pas ce poète solitaire pour le Péladan jovial du macronisme crépusculaire. Il y a en lui le plus grand sérieux. Face à la roulette folle et truquée du monde actuel, c’est au voyant, et non au croupier aveugle, de s’écrier « Rien ne va plus ». Qu’on l’entende ! 


https://www.lemonde.fr/livres/article/2021/11/19/l-enquete-infinie-de-pacome-thiellement-lueurs-dans-le-ciel-opaque_6102895_3260.html

 

lundi 22 novembre 2021

DU 15 AU 23 DÉCEMBRE AU THÉÂTRE DE L'ATALANTE

LE DÉBAT DU CŒUR 

COLETTE THOMAS ANTONIN ARTAUD




Dramaturgie / Jeu : Virginie di Ricci

Mise en scène : Jean-Marc Musial

Prologue : Pacôme Thiellement


L'ATALANTE 10 place Charles Dullin 75018 Paris


Lundi, mercredi et vendredi à 20h30

Jeudi et samedi à 19h

Dimanche à 17h

Relâche mardi

Tarifs : 12 euros, 16 euros, 22 euros


Réservations : 01 46 06 11 90

latalante.resa@gmail.com 


https://www.theatre-latalante.com/spectacle/le-debat-du-coeur/

DERNIÈRES NOUVELLES DE L'AUTRE CÔTÉ

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