jeudi 22 octobre 2020

LE TEMPS DES VAMPIRES COMMENCE

  

 



 

 

Te souviens-tu du jour ou de la nuit où tout a commencé

Te souviens-tu du moment où tous les signes se sont renversés

Où tu ne pus plus lire tes oracles sans qu’ils te mentent

Où tu ne sus plus sourire à tes superbes amantes 

 

C’était il y a deux ou trois fois sept temps

C’était l’hiver de l’année qui n’eut pas de printemps

C’étaient nos meilleurs jours, c’étaient nos pires années

C’était ce moment magique et maléfique où tout a commencé

N’importe quel cosaque aurait tourné bourrique

C’était du charabia nostradamesque punk ésotérique

Ce style tellement sous-estimé 

qui fait l’authentique saveur des derniers soupirs

Ce genre tellement charmant qui déplaît 

à ceux qui ne savent pas rire

 

Nous étions dans la pizzéria gastronomique du professeur

Joli neuvième tu restes à jamais dans mon cœur

Servis par une petite fille aux grands yeux verts

Et le temps était d’une couleur amère

Les pièces cachées derrière la fausse bibliothèque 

devenaient abyssales

On se perdait comme des gosses 

jusque dans la moindre de leurs salles

Vertes comme la chandelle et comme l’absinthe

Dehors le ciel était lourd 

comme le ventre d’une femme enceinte

On pouvait trancher l’air en grands morceaux

C’était la veille du premier acte

Nul ne savait encore jusqu’où irait la folie du pouvoir 

Le petit robot semblait bien trop stupide 

pour être vraiment violent

Il semblait bien trop bête pour être alarmant

 

Commença alors une vaste répétition

Le remake d’un vieux traité chinois

Les turbans jaunes se soulevèrent

Avec eux toute la dignité de la misère

Face à eux toute l’impudeur des possédants

Et pendant un temps un temps et la moitié d’un temps

On vit de Goliath se déployer les puissances 

Frapper et gémir ensuite 

avec le masque comique de l’innocence

On insulta les misérables alors que Notre-Dame brûlait

On condamna les travailleurs et personne ne riait

 

Moi je n’étais pas là

J’étais là et je ne l’étais pas

Toujours dans les jupes de Samantha

A tenir la laisse de ses chiens

Conduire le volant de son carrosse et soulever sa traîne

Alors que ma ville était à feu et à sang

Et que l’ancre de son navire brûlait

Alors qu’on ouvrait le tombeau de Toutankhamon

J’arrivais à cheval dans des châteaux en morte saison

La chambre des amandes amères s’ouvrit sur mon passage

Ses vitraux étaient faits de sphinges 

et le diable déployait ses images

Nous fîmes l’amour dans les fumées d’un fort encens

Et descendîmes tirer les cartes dans le salon des mirages

Le chien de mon amie poursuivit le chat du château

Les hurlements des éborgnés nous arrivaient filtré 

par le plus lourd que l’air

Et mon foie paya au prix fort 

le prix de mon cœur pantalonesque

 

Te souviens-tu du jour ou de la nuit où tout a commencé

Te souviens-tu du moment où tous les signes se sont renversés

Au dehors il y avait les résidus du cirque 

dont la tempête avait détruit le chapiteau

Des fauves erraient dans les jardins 

en quête de plaisirs de bouche

Et Samantha se fit fort de caresser le mâle alpha de la meute

Il y avait aussi des dromadaires mal en point, 

des dromadaires sans bosse, 

des dromadaires avec des bosses crevés

Comme tous ceux que nous croisions toujours

Partout où nous allions nous touchions du doigt 

les passages entre les mondes

Mais ce n’était vraiment pas les bons

J’enterrais mon chef d’œuvre sous le chêne

Et nous partîmes dans des chœurs d’enfants qui chantaient 

« Je vous aime »

Je n’en croyais tellement pas mes yeux 

qu’ils me firent faux bond

Te souviens-tu du jour ou de la nuit où tout a commencé

Te souviens-tu du moment où tous les signes se sont renversés

 

Le temps des vampires commence


 

STARMAN



Je ne sais pas quelle heure il était les lumières étaient basses
Je me suis penché sur ma radio
Un gars allait nous passait du bon rock n roll plein de soul, comme il disait
Puis le son, tout d’abord fort, s’est baissé d’un coup
Et j’ai entendu une voix ralentie sur une onde pleine de perturbations 
Ce n’était pas le DJ ça venait du cosmos
 
Il y a un homme-étoile qui attend dans le ciel
Il aimerait venir nous rencontrer
Mais il pense qu’on ne le supporterait pas
Il y a un homme-étoile qui attend dans le ciel
Il nous a dit de ne pas tout détruire
Parce qu’il sait que tout ça a une valeur
Il a dit
Laisse les enfants se perdre
Laisse les enfants l’utiliser
Laisse tous les enfants danser
 
Je devais appeler quelqu’un et c’est tombé sur toi
C’est dingue tu l’as entendu aussi
Allume la télévision tu peux tomber sur lui sur la deuxième chaîne
Regarde par la fenêtre tu verras sa lumière
Si nous pouvons briller il atterrira ce soir
N’en parle pas à ton père où il nous empêchera de sortir
 
Il y a un homme-étoile qui attend dans le ciel
Il nous a dit de ne pas tout détruire
Parce qu’il sait que tout ça a une valeur
Il a dit
Laisse les enfants se perdre
Laisse les enfants l’utiliser
Laisse tous les enfants danser
 
Il y a un homme-étoile qui attend dans le ciel
Il nous a dit de ne pas tout détruire
Parce qu’il sait que tout ça a une valeur
Il a dit
Laisse les enfants se perdre
Laisse les enfants l’utiliser
Laisse tous les enfants danser
 
David Bowie, Starman (1972)

mercredi 21 octobre 2020

EYRENEE PHILALETE NOUS PARLE

 


 

« Achevé le régime de Mercure, dont l’œuvre est de dépouiller le roi de ses vêtements d’or, de fatiguer le lion par de multiples combats et le harceler jusqu’à la dernière lassitude, alors paraît le régime de Saturne. En effet Dieu veut, pour mener à bien l’œuvre engagée, et c’est la loi de cette scène, que la sortie d’un régime soit l’entrée d’un autre, la mort de l’un, la naissance de l’autre ; à peine Mercure a-t-il terminé son règne qu’entre son successeur Saturne, qui occupe le plus haut rang après lui. Le lion mourant, naît le corbeau.

 

« Ce régime est également linéaire en ce qui concerne la couleur, parce qu’il n’y a qu’une couleur, le noir très noir. Mais on ne voit pas de fumée, ni de vent, ni aucun symptôme de vie, mais tantôt le composé est sec, tantôt il bout comme de la poix fondue. O triste spectacle, image de la mort éternelle, mais quel messager agréable à l’artiste ! Car ce n’est pas une noirceur ordinaire, mais brillante, plus que le noir le plus intense. Et lorsque tu verras ta matière, au fond du verre, s’enfler comme de la pâte, réjouis-toi : c’est que l’esprit vivifiant y est enfermé, et, quand il le jugera bon, le Tout-puissant rendra la vie à ces cadavres.

 

« Sois donc content d’être retenu en prison pendant quarante jours et quarante nuits, et permets à ta tendre matière de rester au fond, qui est le nid de sa conception ; sois certain qu’après la période déterminée par le Tout-puissant pour cette opération, l’esprit renaîtra glorieux et glorifiera son corps. »


 

Eyrénée Philalète, L’entrée ouverte au palais fermé du roi (1645)

LA CHANSON DE PACOME




Toute ma vie je crois bien j’ai cherché ma chanson

Un homme doit avoir une chanson
Une chanson pour mourir
Une chanson pour renaître
Une chanson pour aimer
Une chanson pour supporter de n’être pas aimé
Une chanson pour voir
A travers le miroir glacé du démiurge
Et son labyrinthe de malheurs
Une lumière une chaleur quelque part au loin
Une lumière quelque part au loin pour supporter
Ce que les gens peuvent être vaches

 

Et puis un jour quelle joie j’ai trouvé ma chanson
Elle m’attendait au coin d’une rue de Paris
Toute ma vie m’a-t-elle dit je t’ai cherchée mon âme
Une chanson doit avoir une âme
Une âme pour mourir
Une âme pour renaître
Une âme pour aimer
Une âme pour supporter de n’être pas aimé
Une âme pour sortir
De la poubelle du démiurge
Et son labyrinthe de souffrances
Vers une lumière une chaleur quelque part au loin
Une lumière quelque part au loin pour supporter
Ce que la vie peut être moche

C’était une fille sombre et colorée
Une chanson brune au grand cœur
Face à elle j’étais apprêté comme une catherinette
J’étais gentillet comme une petite lorette
Elle était tellement plus intelligente que moi
C’était une jeune femme austère qui ne faisait pas de cadeau

 

Un temps plus tard sur la scène je chantais ma chanson
C’était au théâtre de l’empire
Devant une salle de messieurs le cul nul sur leurs trônes
Ils grignotaient des doigts d’enfant pauvre 
en guise d’amuse-bouche
Ils me congratulaient pendant que je chantais
Une âme doit avoir un cœur
Un cœur pour mourir
Un cœur pour renaître
Un cœur pour aimer
Un cœur pour supporter de n’être pas aimé
Un cœur pour mordre
A travers la trame zébrée du démiurge
Et son labyrinthe de désastres
Vers une lumière une chaleur quelque part au loin
Une lumière quelque part au loin pour supporter
Ce que le monde peut être vide

Ces messieurs chièrent et me dirent
Nous aimons votre chanson
Mais vous pourriez en faire un bien meilleur usage
Trempez-la dans l’huile trempez-la dans l’eau
Vous pourriez lécher nos escargots lorsque vous la chantez
Ou les chattes de nos plans-culs avant que nous les baisions
Vous pourriez louez la beauté de nos vieux slips troués
La grande taille de nos queues le délice de nos jus
Nous vous offrirons un triomphe et les clés de la Cadillac rose
Une miette de notre sandwich et toute notre estime
Alors ma chanson et moi nous nous sommes regardés
Et nous avons rigolé jusqu’à nous étouffer

 

Un temps passa et je me retrouvai dans un temple
Il était fait des cadavres de centaines d’animaux
Au centre de l’autel le plus pur des humains était torturé
Je fus pris de vertige et je m’agenouillai
Un prêtre me bénit et me souffla son haleine puante
A travers le micro de sa messe de viande
Il parlait en bouffant de la confiture de porc
Et il me proposa de chanter ma chanson
Un cœur doit avoir un ventre
Un ventre pour mourir
Un ventre pour renaître
Un ventre pour aimer
Un ventre pour supporter de n’être pas aimé
Un ventre pour digérer
Le jus de pétrole du démiurge
Et son labyrinthe de merdes
Et trouver une lumière une chaleur quelque part au loin
Une lumière quelque part au loin pour transformer
Toute cette crasse toute cette saleté

Le prêtre me dit que tout ça c’était bien gentil
Mais le texte manquait singulièrement de côtelettes de porc
Je pouvais tout reprendre avec un peu de soupe de viande
Je pouvais chanter mieux en sirotant sa chiasse 
Alors ma chanson dit tout haut : ce n’est pas le vrai monde
Ce dieu de viande est un mensonge
Cette messe est immonde
Relève-toi me dit-elle tout cela n’est qu’un leurre

 

La moitié d’un temps passa je vous la fais courte
Vint une femme d’ombre et de lumière
C’étaient nos meilleurs jours ; c’étaient nos pires années
Au loin on entendait une triste mélopée
Elle nous salua de son grand chapeau claque
Elle nous présenta son petit cirque d’acrobates
Et ma chanson et moi nous nous mirent à l’aimer
Un ventre doit avoir un amour
Un amour pour mourir
Un amour pour renaître
Un amour pour vivre
Un amour pour supporter de n’être pas vivant
Un amour pour sourire 
Dans le dernier des mondes
Celui dans lequel je meurs et je ne reviens pas

L’amour nous apprivoisa ma chanson et moi
L’amour nous régala de champignons rares et d’alcool sucré
L’amour nous balada dans son carrosse de chair
Et au cœur de la nuit la plus noire de l’année
L’amour s’agenouilla et me demanda comme un service 
De lui prêter ma chanson
Toute ma vie je crois bien j’ai cherché l’amour
Je n’avais vécu que pour ce moment et je la lui donnai
Ma chanson resta muette devant ma stupidité
Ma chanson me regarda avec des yeux 
que je n’oublierai jamais
Elle sourit tristement et se contenta de soupirer
Ce que le sexe peut rendre bête

 

Ma chanson s’enfuit dans les fleurs cannibales
Mon âme se replia mon cœur gonfla mon ventre explosa
Mon amour révéla soudain son vrai visage
Une tête de chien sauvage un regard d’enragée
De colère elle se jeta sur moi et me mordit le pied
Elle m’arracha une oreille et me brisa les doigts
Elle me cogna la gueule avec des tatanes d'acier
Je perdis toutes mes dents et elle me creva un œil
Je mis plusieurs mois avant de respirer
Je mis plusieurs années avant de me relever
Depuis boiteux borgne et éclopé j’erre parmi les ombres
Je cherche ma chanson
Et je ne la retrouve pas


 

mardi 20 octobre 2020

EN ATTENDANT LE MIRACLE


Chérie, j’ai attendu

J’ai attendu nuit et jour

Je n’ai pas vu le temps passer

J’ai attendu la moitié de ma vie

J’ai reçu beaucoup d’invitations

Je sais que tu m’en as envoyé quelques-unes

Mais j’attendais

Le miracle

Le miracle à venir

 

Je sais que tu m’as vraiment aimé

Mais je n’avais pas les mains libres

Je sais que ça t’a blessé

Ça a dû blesser ton orgueil

Devoir te rendre sous ma fenêtre

Avec ton clairon et ton tambour

Et moi j’étais là qui attendais

Le miracle

Le miracle à venir

 

Je ne crois pas que tu aurais aimé

Tu n’aimerais pas ici

Il n’y a pas de divertissements

Et les jugements sont sévères

Le Maître dit que c’est du Mozart

Mais on dirait plutôt de la variété

Quand tu attends

Le miracle

Le miracle à venir 

 

En attendant le miracle

Il n’y a rien à faire

Je n’ai jamais été aussi heureux

Qu’à la fin de la seconde guerre

 

Rien à faire

Quand tu sais que tu as été pris

Rien à faire

Quand tu mendies pour une miette

Rien à faire

Quand tu dois continuer à attendre

Le miracle

Le miracle à venir

 

J’ai rêvé de toi, chérie

C’est juste hier soir

Tu étais majoritairement nue

Mais tu étais partiellement lumière

Les sables du temps tombaient

De tes doigts, de ton pouce,

Et tu attendais 

Le miracle

Le miracle à venir

 

Chérie, marions-nous

Nous avons été seuls trop longtemps

Soyons seuls ensemble

Voyons si nous sommes si forts

Faisons quelque chose de dingue

Quelque chose de mal

Alors que nous attendons

Le miracle

Le miracle à venir

 

Quand tu es tombé sur l’autoroute

Que tu es étendu sous la pluie

Et qu’on te demande comment tu vas

Bien sûr tu ne vas pas te plaindre

Si on te demande de l’info

Tu dois faire l’idiot

Contente-toi de dire que tu attends

Le miracle

Le miracle à venir


Leonard Cohen, Waiting for the miracle (traduction à la diable)

lundi 19 octobre 2020

LIFE ON MARS



C’est une affaire affreusement petite

Pour la fille avec les cheveux ternes

Mais sa maman hurle « non »

Et son papa lui dit qu’elle peut y aller

Mais son amie est introuvable

Maintenant elle entre dans son rêve effondré

Elle s’assoit sur le siège avec la meilleure vue

Et elle est attrapée par le grand écran

 

Mais le film est d’un ennui à pleurer

Elle l’a déjà vécu plus de dix fois

Elle pourrait cracher dans les yeux des crétins

Qui lui demandent de se concentrer sur

 

Des marins qui se battent dans la salle de bal

Regarde passer ces hommes des cavernes

C’est le plus grand Freak Show

Regarde le flic s’en prendre au faux coupable

Saura-t-il un jour qu’il est dans le show qui marche le mieux

Y a-t-il de la vie sur Mars ? 

 

C’est écrit sur le front soucieux de l’Amérique

Mickey Mouse s’est transformé en vache

Les travailleurs ont atteint la gloire

Maintenant que Lennon se vend à nouveau

Regarde les hordes de souris par millions

De Ibiza à Norfolk Broads

Rule Britannia est hors limites

Pour ma mère, mon chien, et les clowns

 

Mais le film est d’un ennui à pleurer

Je l’ai déjà écrit plus de dix fois

Il s’apprête à être écrit à nouveau

Alors que je vous demande de vous concentrer sur

 

Des marins qui se battent dans la salle de bal

Regarde passer ces hommes des cavernes

C’est le plus grand Freak Show

Regarde le flic s’en prendre au faux coupable

Saura-t-il un jour qu’il est dans le show qui marche le mieux

Y a-t-il de la vie sur Mars ?


David Bowie, Life on Mars (traduction à la diable)

 

JE NE REVIENDRAI PAS

 




Je ne reviendrai pas
Je connais trop déjà
L’affreuse combinaison des signes équivoques
Tic toc pam poum et colégram
Bourre bourre le mou de ta pauvre âme
Tic tac pif paf et badaboum
Le manège jusqu’aux tempes avec les mêmes images
Provoquant les mêmes désirs et les mêmes peurs

 

Je ne reviendrai pas
Je connais bien tout ça
Et comment qu’on y croit
Alors qu’on devrait pas
Et comment qu’on y revient
Et même qu’on sait déjà
Dansez dansez ma petite dame
Dansez dansez ma pauvre âme
O toutes ces folles images de noces militaires
Le bal des pyromanes et la gigue des brûlés
La maitresse du village et ses derviches de foire
Les petits vieux qui se tapent dans un hospice en flammes
Le cortège d’animaux prêts pour l’équarrissage
Avec le petit singe dans sa drôle de machine
Le scarabée bleu magique qui s’écrase sur ton doigt
Et la princesse charmante dans son beau taxi blanc
Ses seins en pointe et ses petites dents pointues
Qui vient te me chercher un jour ou une nuit
Tu entends les violons dans un immeuble au loin
Alors qu’elle te conduit dans la fosse commune

 

Je ne reviendrai pas
Je connais bien tu sais
Tout ce que les circuits tordus de ma psyché 
Provoquent entre mon cœur mon cerveau et mon foie
Mon triste cervelet d’enfant au cerceau spiralé
Mes aspirations et mes vies expirées
Les spirales labyrinthes des relations humaines
Remplies de belles histoires et qui se terminent mal
Si tu veux m’épater tu sais c’est déjà mort
Je ne peux plus rejouer le petit chevalier
Avec son armure percée et sa petite épée en bois
Avec ses grands sourires et ses peluches d’enfants
Et ses encyclopédies remplies de mots rares
Et ses livres de nuit et ses proverbes de jour
Sa voix aiguë son corps de porc et ses peurs
Ses séductions à vitesse d’ange et ses jardins sanglants
Son jeu d’osselets étrange
Son backgammon du pauvre
Sa mauvaise aventure
Je m’en suis bien fadé de mes fausses alertes et de mes grands mots bien vides
Rien que le son de ma voix me fait désormais mal au bide
Ce frisson des reconnaissances
Ce frisson des ambivalences
Et celui des prééminences 
Tour ça ressemble à ma vie dans le dernier des mondes
Celui dans lequel je meurs et je ne reviens pas

 

J’ai tout donné déjà 
Et ça va bien comme ça
Alors non vraiment
Je ne reviendrai pas
A ce petit jeu pervers des signes inconsistants
J’ai donné mon passé et j’ai perdu mon temps
Tour ça c’est bien ma vie dans le dernier des mondes
Celui dans lequel je meurs et je ne reviens pas
Alors ça va tu sais n’insiste pas
Ta voix n'est plus pour moi qu'un acouphène
Je ne reviendrai pas

LE TEMPS DES VAMPIRES COMMENCE

         Te souviens-tu du jour ou de la nuit où tout a commencé Te souviens-tu du moment où tous les signes se sont renversés Où tu ne pus ...